Et si on allait à Fukushima ?

1. La préfecture de Fukushima

Sur internet, on trouve facilement des “articles à clic”, des articles qui font peur, avec des chiffres sans explication ni comparatif, et qui parlent de Fukushima comme d’une zone noire au Japon.

Avant tout, il est important de préciser que la centre nucléaire où a eu lieu l’accident n’est pas Fukushima.
C’est à Fukushima. Mais ce n’est pas Fukushima dans son ensemble.

Fukushima est une grande, grande, grande préfecture. La 3ème plus grande préfecture du Japon.

La centrale nucléaire est située au bord de la mer, à l’est, tandis que la plus grande partie de Fukushima est située à l’ouest.
Avec des montagnes à ne plus en compter, d’immenses forêts et des ours sauvages que les habitants locaux aperçoivent parfois.

Si la radioactivité n’a pas de frontière, elle se concentre tout de même essentiellement autour de la centrale et dans quelques points chauds.
La zone interdite autour de la centrale, les villages condamnés, les habitants qui ne pourront jamais revenir chez eux, c’est une réalité.

Mais difficile de parler de Fukushima dans son ensemble, qui compte 1 million 800 mille habitants, sans connaître la région, sans y avoir jamais mis les pieds.

Fukushima du centre et de l’ouest a beaucoup de belles choses à vous faire découvrir, au-delà de la centrale nucléaire : une riche Histoire (Aizuwakamatsu), un cerisier millénaire (Miharu), un village ancien avec des maisons traditionnelles au coeur de la montagne (Ōuchi juku), etc…

À l’aide des informations disponibles sur le site de l’IRSN (Institut de la Radioprotection et de la Sûreté Nucléaire) et de sites de relevés de radioactivité japonais, j’ai réalisé un comparatif des taux de radioactivité en France et à Fukushima, hors radioactivité médicale :

2. Et si on allait à Fukushima ?

Vous qui pensez que Fukushima n’est pas un endroit sûr, avez-vous vraiment toutes les raisons de vous inquiéter ?

Après un grand tremblement de terre suivi d’un tsunami, la région de Fukushima a été touchée par un accident survenu à la centrale nucléaire de Daiichi, en mars 2011.

8 ans après cet accident, n’est il pas temps de se pencher sur le sujet et de faire le point ? 

Vous trouverez ci-dessous des éléments de réponse afin de vous aider à vous faire votre propre opinion :

 Les autorités de sûreté nucléaire du Japon vous proposent de suivre en temps et en heure le taux de radioactivité : http://radioactivity.nsr.go.jp/map/ja/

Le site est en japonais mais voici un tutoriel pour vous aider à l’utiliser facilement : 

1) Cliquez sur la région de votre choix (ici Fukushima) :
2) Cliquez sur la région qui vous intéresse dans la préfecture de Fukushima (j’ai choisi la région d’Aizu) :
3) Les taches bleues correspondent aux endroits où il y a des capteurs. Vous pouvez cliquer dessus pour accéder à une localisation plus précise :
4) Les couleurs vous indiquent le niveau de radioactivité :

En bleu et en vert, il n’y a pas de raison de s’inquiéter.

Voici un exemple concret (voir images du tutoriel) :

Le 3 février 2019 à 11h00, le relevé du taux de radioactivité dans une école primaire d’Aizuwakamatsu, ville à l’ouest de la région de Fukushima, était de 0.064µSv/h. Cela correspond à 0.56 mSv/an.

En comparaison, un Français reçoit une dose moyenne de radioactivité naturelle (radon) de l’ordre de 1,43 mSv/an, selon la région (source IRSN).

Pour en savoir plus sur l’unité de mesure du millisievert (mSv), cliquez ici.

Certains endroits à Fukushima ont des taux de 0.122µSv/h soit 1.07mSv/an, de 0,159µSv/h soit 1,39mSv/an, de 0.214µSv/h soit 1,88mSv/an.

Ces relevés de Fukushima et la comparaison avec la France ne concernent pas la radioactivité médicale.

Pour en savoir plus sur la radioactivité en France, cliquez ici et ici.

2.5 mSv/an (0.3µSv/h) est la moyenne d’exposition à la radioactivité.
On estime qu’il est recommandé de protéger les populations lorsque le taux de radioactivité est supérieur à 10 mSv/an (1.2µSv/h).
Lorsque le taux est supérieur à 50mSv/an (12Sv/h), il est recommandé d’évacuer les populations (source IRSN).

Au Japon, on prend bien sûr les choses au sérieux.
D’ailleurs, chaque jour, et ce depuis 8 ans, un relevé des taux de radioactivité à Fukushima est publié dans le journal Asahi :

La réalité est là : des taux astronomiques de radioactivité (2,696) dans la zone interdite, et des taux normaux de radioactivité (0.14) au centre et à l’ouest de Fukushima.

Il ne s’agit pas de minimiser l’impact de la catastrophe, de la radioactivité sur la santé, etc… mais de montrer les chiffres, tels qu’ils sont.

À Fukushima il y a la centrale, des points chauds, une zone interdite, mais Fukushima… ce n’est pas que ça. C’est bien plus.

 Avec toutes les informations rassemblées ci-dessus, vous êtes en mesure de vous faire votre propre opinion.

Bon voyage à Fukushima !

Découvrez Fukushima :

Tsuruga-jo

Ce château a une grande histoire : depuis le 14ème siècle, il a accueilli de nombreux samouraïs et a été au coeur de la guerre civile Boshin, au 19ème siècle.

Goshiki-numa

Quelle que soit la saison, les 5 lacs volcaniques vous émerveilleront pour sûr !